Aux Antipodes

Grand Prix de l’Académie Charles Cros en 2013 avec “Le vent qui nous mène”, voici qu’Alain Schneider revient avec un nouvel album, le sixième de la lignée, intitulé “Aux antipodes”. Ce dernier propose dans sa globalité une vision non conformiste, décalée et poétique de notre époque, loin des images lisses habituelles. Au travers de ces nouvelles chansons, nous partageons les réexions clairvoyantes sur l’Homme d’un singe au zoo, le quotidien d’une mère Courage qui travaille et élève ses enfants, ou encore les dilemmes d’un petit serpent en pleine mue... On y croise aussi des personnages militants comme Joséphine Baker, une grand-mère qui n’est plus vraiment là, une petite lle au rire qui change le monde, des porte-bonheur qui n’en sont pas, des maisons du monde entier et... un “Poilu” bien intrigant...

Alain déploie une fois de plus son talent d’auteur-compositeur en multipliant métaphores et allitérations, servies par de gracieuses mélodies et des rythmes swing, pop, folk,rock...
Sur cet enregistrement il est accompagné de ses complices de scène Johanne Mathaly (Violoncelle et chœurs), Cyril Dompnier (percussions et chœurs), Christophe Devillers (arrangements, contrebasse, basse, banjo, trombone, balafon, chœurs) mais aussi de Thierry Garcia (guitares électriques, acoustiques et chœurs), François Réau (batterie), Franck Steckar (piano, orgue, trompette et bugle), Yves Lecarboulec (solos trompette). La couverture et le livret du cd sont l’œuvre de Claire Cantais, illustratrice jeunesse de renom, qui apporte couleurs éclatantes et collages inspirés à l’ensemble.

Aux antipodes, ou au fond et à travers les yeux des grands singes, au plus profond des abysses ou dans la jungle indienne, dans la vie d’une maman solo ou dans la chaleur d’une datcha, l’univers d’Alain Schneider est toujours engagé, près du cœur et c’est ce qui nous touche tant. 

 

1. Maman est un guerrier apache

Ode aux mères Courage, “Maman cueille et maman chasse”... ou comment ces femmes font face au quotidien et à l’adversité ”Maman se lève tôt, même avant le soleil”... sans oublier d’être tendres “... nous garde de l’ombre, ne nous lâche, elle, jamais la main...” Rock west-coast et guitares électriques 

 

2. Joséphine Baker

Un joli portrait tout en douceur au parfum de Nouvelle-Orléans pour faire découvrir cette femme belle et rebelle, chanteuse, danseuse, militante “Elle a mis tout son cœur à chanter, blanches et noires sur la même portée”. Qui eût cru qu’une petite lle noire et pauvre du Missouri, modèle de générosité et d’audace, deviendrait internationalement célèbre, notamment grâce au talent qu’elle a mis dans sa vie ?
A noter la participation exceptionnelle de Jacques Haurogné dans les chœurs ! 

 

3. La Mue

Épatante métaphore truée d’allitérations ”... je préfère sinuer sans soucis sur les rives de l’Indus, me lover me glisser dans le satin des eurs de lotus” et totalement d’actualité ! Ou comment un petit serpent veut bien grandir, vivre sa mue, sans devenir violent “Aie ces crochets qui me poussent, berk ce venin dans la bouche... cracher, mordre, étouer n’est pas fait pour me plaire” et avec humour “Je veux bien faire la mue, pas la guerre !” Sur une musique “couleur” pop-bollywood ! 

 

4. La visite des cousins

Sur des chœurs et un jungle-swing à la manière de Louis Prima, on partage la réexion d’un singe qui observe les hommes grotesques et prétentieux, depuis sa cage du zoo “Qui donc imite qui, qui ? Qui donc singe qui, qui ? Qui sont les macaques, les sapajous et les sagouins ?” Son vocabulaire est particulièrement savoureux “Voici les singes nus qui font les paons, les singes à tissus qui se donnent du jabot,
qui se piquent d’être intelligents”

 

5. Elle voit le monde à l’envers

Cette chanson est l’illustration poétique du début de la maladie d’Alzheimer d’une grand-mère “Elle peint des ciels remplis de eurs, des barbelés piqués de cœur, elle voit des anges sur la terre, elle voit le monde à l’envers ”, son esprit est ailleurs “Là où elle est aux antipodes...” Elle n’a plus le sens des réalités mais dans un monde si rude, n’est-ce pas une forme de protection ? Sur fond de balade d’une infinie tendresse. 

 

6. Les grigris

Cette chanson fait des superstitions en tous genres ! “Peu me chaut les grigris, totems et talismans, amulettes bénies, les baumes et
les onguents”. En effet seuls les gens qui nous aiment et que l’on aime rendent heureux ! Qu’on se le dise ! “Ma chérie m’a donné le plus beau de tous les grigris, ma chérie m’a donné un trèfle à quatre filles”. 

 

7. J’ai vu les baleines

Grâce aux glissandos de violoncelle et aux chœurs, on se retrouve ici en plein océan à partager la complainte et le chant si singulier des baleines en voie de disparition “Le chant des baleines, chant des abysses et chant des adieux ”... bouleversant. 


 

8. Viens dans ma datcha

Sur un rythme reggae, une chanson pleine d’humanisme qui prône l’hospitalité, l’ouverture aux autres (autre sujet d’actualité) en jouant avec les noms de toutes les maisons du monde “Viens dans mon tipi prendre un peu de repos, sous la peau d’un grizzli, tu verras il fait chaud” ; ou encore “Viens dans mon igloo te protéger du froid, une petite nuit chez nous, ça ne dure que six mois”

 

9. Le rire de Rose

Tout n’est pas rose dans la vie, mais il sut du rire éclatant d’une petite lle pour que l’on voit de nouveau la vie en Rose ! “Y’ m faut pas grand-chose aujourd’hui, le rire de Rose me suffit... comme une escabourcle capable d’éclairer la nuit, un vent chaud qui souffle et qui fait fondre mon ennui”. Des chœurs comme des rires en cascade nous embarquent dans une farandole effrénée ! 

 

10. Dans les yeux des grands singes

On y lit nos origines, ce que l’on a perdu et ce que l’on va perdre “Dans les yeux des grands singes je vois le monde peu à peu qui s’éteint, les arbres qui tombent” on y voit également la sagesse “Je vois une âme sans malice et sans ombre qui me regarde” on y voit un être si proche de nous
“Je vois la même vie que moi”. Sur cette balade, la mélodie prend de la gravité et une dimension exceptionnelle grâce aux cordes et aux cors. 

 

11. Les Poilus

En hommage à son grand-père Léon Schneider, Poilu, qui a écrit ce poème en 1916, il y a tout juste cent ans ! Alain l’a mis en musique et le chante, le slame et clame : “Poilu c’est un mot sublime, sorti du profond de l’abîme, sans fard mais non sans beauté, un mot de gavroche en gaieté”. Ce texte retrouvé ne serait-il pas, dans ce cas précis, le joli signe que le talent et le plaisir d’écrire sont une histoire de famille ? 

 

Alain Schneider / Paroles, musique et chant, arrangements sur “Poilus”

Christophe Devillers / Arrangements, réalisation, basse, contrebasse, guitare acoustique (sur 1, 7 et 10), banjo, trombone, balafon, piano sur “Poilus”, chœurs (prises de son additionnelles)

Thierry Garcia / Guitares électriques et acoustiques et chœurs 

François Réau (Fanfan) / Batterie et chœurs
Johanne Mathaly / Violoncelle et chœurs
Franck Steckar / Piano, orgue, trompette et bugle

Cyril Dompnier / Percussions, chœurs (voix solo “dag” sur 3) 

Sarah Meyer, Clara Schneider, Anne Claire Marin,

Jacques Haurogné, Ismaël et Romane / Chœurs
Yves Lecarboulec / Trompette solo sur 2 et 4
Pascal Coquard / Batterie sur “Poilus” 

Illustrations Claire Cantais
Design graphique Bénédicte Estripeau 

Production et édition Victorie Music

Prise de son des rythmiques au Studio Sweetbasment par Jérome-Alexandre Jouannard

Mixage, Mastering, enregistrement des voix d’Alain, cuivres et piano Pascal Coquard au studio “les Tontons Flingueurs” Saint-Etienne 

 

Merci à...

François Baurin pour l’enregistrement des trompettes solo au GOS,
Jacques Haurogné pour sa voix merveilleuse sur 2 et 9,
Johanne Mathaly pour ses arrangements de violoncelle sur 7 et 10, Christophe Devillers pour ses bons petits plats pendant nos séances de travail, 

Béatrice Fontanelle pour son écoute et ses conseils,

Marinette Maignan, Eric Jiroux, Isabelle Moisan, Marie Sangla, Valentine Bergeon, Coline Peinchaud, Philippe Cailleaux, Sylvain Béziat, Mathilde Davignon pour leur soutien permanent, leur aide précieuse et leur confiance.

A Caroline, Rose, Nora, Julia, Lauriane, Clara, Romane, Ismaël et Jules 

 

Alain Schneider © 2013 - 2017 - Crédits & Mentions légales